Le Black Friday, journée consacrée à la consommation, fait son grand retour ce vendredi 29 novembre 2019. Concept importé des Etats-Unis en 2013, il s’agit d’une journée de soldes massives pratiquées par la majorité des enseignes quelques semaines avant Noël. Les prix cassés proposés ce jour-là font de ce « Vendredi Noir » un véritable symbole de l’hyperconsommation. Il s’agit surtout d’une journée noire pour l’environnement. 79% des Français pensent d’ailleurs que le Black Friday incite à la surconsommation, selon la société d’études de marché YouGov – mais un Français sur deux a participé au Black Friday en 2016…

Cette journée a un impact environnemental néfaste en encourageant la surproduction. Aussi, pour pouvoir proposer des promotions pouvant aller jusqu’à plus de 70% de réduction, cela peut laisser penser que les prix pratiqués sont bien plus élevés que les coûts de production et donc que les pratiques en matière de rémunération sont encore loin d’être justes. A titre d’exemple, la Fair Wear Foundation montre que sur un T-shirt à 29 €, 0,18 centimes reviennent à l’ouvrière du Bangladesh qui l’a cousu, soit 0,6 % du prix.

Ne nous laissons pas faire

Cependant, certains acteurs proposent des alternatives à rebours du Black Friday. En 2017, ENVIE (un réseau d’entreprises d’insertion sociales et solidaires qui reconditionnent des appareils électiques et électroniques) a lancé le mouvement du Green Friday. Ce mouvement est devenu un collectif en 2018 à l’initiative d’Altermundi, soutenu par la Mairie de Paris et rejoint par des acteurs comme REFER, Dreamact, Ethiquable ou Emmaüs. Cette année, ce sont près de 400 structures qui participent au Green Friday. Le concept ? Les entreprises adhérentes ne proposent aucune réduction à leurs clients et doivent reverser 10% de leur chiffre d’affaires réalisé vendredi au profit d’associations en faveur du développement durable et d’une consommation plus responsable comme HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée), Zero Waste… De nombreuses associations proposent aussi ce jour-là des activités pour sensibiliser les citoyens à la consommation responsable.

De son côté, la marque Faguo a lancé l’initiative Make Friday Green Again (il est encore possible de s’inscrire pour les marques qui le souhaitent). En l’espace de 10 jours, ce sont plus de 600 marques françaises, pour la plupart des start-ups, qui ont rejoint le mouvement. Ces enseignes qui rémunèrent justement les acteurs de leur chaîne de production ne pratiqueront aucune solde vendredi car elles n’ont pas d’invendus à écouler et que cela ne correspond pas à leurs valeurs. Parmi les entreprises participantes, on peut citer Bonne Gueule, Nature & Découvertes, Les Raffineurs… Certaines boutiques fermeront carrément leurs portes pour manifester leur protestation face au Black Friday.

Et comment est-ce que moi je peux changer les choses ?

On aurait envie de vous dire d’éviter tout bonnement de ne pas céder aux sirènes des promotions ce jour-là, et même le reste du temps, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Si l’on doit consommer, essayons de le faire de manière plus responsable et d’éviter les achats-impulsion. Lorsque vous avez envie de faire un achat, on vous propose une méthode simple avec quelques questions à vous poser afin de détermine si cet achat en vaut vraiment la peine. On vous conseille d’autant plus d’appliquer cette méthode quand on sait par exemple que nous avons chez nous en moyenne 99 (oui, oui, 99 !) appareils électriques et électroniques dont 6 que nous n’avons jamais utilisés… Il s’agit de la méthode BISOU, imaginée par Marie Duboin Lefèvre et Herveline Verdeken, et voici les questions :

  • B comme besoin : A quel besoin cet achat répond-il? Ne serais-je pas en train de l’acheter pour me conformer à une norme sociale ? Est-ce vraiment moi qui désire cet objet ou mon envie est-elle dictée par une stratégie marketing bien élaborée ?
  • I comme immédiat : est-ce que j’ai vraiment besoin de cet objet tout de suite ou est-ce que cela peut attendre ?
  • S comme semblable : Ai-je déjà un objet qui a cette utilité ? Certains produits sont polyvalents comme les robots de cuisine.
  • O comme origine : Qu’elle est l’origine de ce produit ? A-t-il été créé dans des conditions qui me conviennent (mauvaise condition de travail du producteur, mauvais pour la santé ou pour l’environnement etc.).
  • U comme utile : Cet objet va-t-il m’être utile ? Va-t-il apporter un confort primordial dans mon quotidien ? Comment je faisais pour m’en passer avant ? Si c’est pour une utilisation sur du très court terme (un appareil à raclette par exemple), il existe des solutions alternatives comme la location ou le prêt entre voisins.

Enfin, voici notre suggestion, au lieu de céder à la tentation de la consommation, et si vous cédiez à celle de la réparation ? Avant de remplacer votre gros électroménager, pensez à aller faire un petit tour sur PIVR, plus de 90% des pannes de gros électroménager sont réparables, et plus de la moitié sans pièce détachée 😉

On vous souhaite un très bon Vendredi Vert,

Marine de PIVR